La sourate Maryam
- Numéro
- 19 / 114
- Sens
- Marie
- Révélation
- Mecquoise
- Versets
- 98
- Ordre de révélation
- 44
- Récitateurs
- 186
Maryam (« Marie ») est la 19e sourate du Coran, dans le seizième juz'. Mecquoise, elle compte 98 versets et occupe le 44e rang dans l'ordre traditionnel de la révélation, après Fatir. Elle porte le nom de Marie, mère de Jésus, dont elle raconte l'histoire (19:16-34) : seule femme nommée dans le Coran, Marie est aussi la seule à donner son nom à une sourate.
Contexte
La sourate s'ouvre sur cinq lettres isolées, Kaf-Ha-Ya-'Ayn-Sad, et date du début de la période mecquoise : Ibn Mas'oud la comptait parmi les toutes premières sourates qu'il avait apprises (al-Bukhari). Elle était déjà révélée lors de l'émigration en Abyssinie : selon Umm Salama, Ja'far ibn Abi Talib en récita le début devant le Négus, qui pleura jusqu'à mouiller sa barbe (Ahmad, chaîne jugée hasan).
Zacharie, Marie et Jésus
Le récit commence par Zacharie, âgé et sans héritier, qui invoque son Seigneur à voix basse et reçoit l'annonce de la naissance de Jean (Yahya) (19:2-15).
Marie, retirée loin des siens en un lieu vers l'orient, voit venir l'Esprit envoyé par Dieu, Gabriel selon les commentateurs, sous la forme d'un homme accompli ; il lui annonce le don d'un fils pur. Elle s'étonne : « Comment aurais-je un fils, alors qu'aucun homme ne m'a touchée ? » ; cela est facile pour Dieu, lui répond-il (19:16-21). Saisie par les douleurs de l'enfantement près du tronc d'un palmier, elle est consolée : un ruisseau coule à ses pieds, et il lui est dit de secouer le palmier pour en faire tomber des dattes fraîches, puis de garder le silence (19:22-26). Quand elle revient vers les siens, qui l'accusent, elle désigne l'enfant, et le nouveau-né parle : « Je suis le serviteur de Dieu ; Il m'a donné le Livre et fait de moi un prophète » (19:27-33). « Tel est Jésus, fils de Marie », conclut la sourate (19:34), qui rejette l'idée que Dieu ait pris un fils (19:35-40). Son histoire est aussi racontée dans Âl 'Imrân.
Suite de la sourate
- Abraham appelle avec douceur son père idolâtre, en lui répétant « Ô mon père » (19:41-50) ; puis sont évoqués Moïse, Ismaël et Idris (19:51-57).
- Les prophètes tombaient prosternés en pleurant à l'écoute des versets du Tout Miséricordieux (19:58, verset de prosternation), mais leurs successeurs délaissèrent la prière (19:59).
- La résurrection et le jugement (19:66-72) ; la prétention que le Tout Miséricordieux ait un enfant est si grave que « les cieux manquent de se fendre » (19:88-95).
- La promesse finale : le Tout Miséricordieux accordera Son affection à ceux qui croient et font le bien (19:96). Le nom divin ar-Rahman revient tout au long de la sourate.
Dans la Sunna
Selon Ibn Abbas, le Prophète ﷺ demanda à Gabriel pourquoi il ne venait pas le voir plus souvent ; alors fut révélé le verset 64 : « Nous ne descendons que sur l'ordre de ton Seigneur… et ton Seigneur n'oublie rien » (al-Bukhari).
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