Assajda السجدة

Prédicateur · Égypte

Mohamed Rifaat

محمد رفعت

À propos de Mohamed Rifaat

Le cheikh Mohamed Rifaat (Muhammad Rifat Muhammad Mahmud Rifat, 1882-1950) est un récitateur égyptien, considéré comme l'une des plus grandes voix coraniques du XXe siècle. Surnommé « la harpe du ciel » (Qitharat al-sama'), il est le premier récitateur à se faire entendre sur la radio d'État égyptienne, lors de son inauguration en 1934.

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Enfance et formation

Il naît le 9 mai 1882 au Caire, dans le quartier d'al-Magharbilin. Une maladie des yeux contractée à l'âge de deux ans le prive de la vue, et la mort de son père, alors qu'il n'a que neuf ans, fait de lui le soutien de sa famille. Placé très jeune à l'école coranique, il connaît le Coran par cœur vers l'âge de dix ans, puis étudie les règles de la récitation auprès des cheikhs Muhammad al-Baghdadi et al-Samaluti. Il acquiert aussi une solide culture musicale, qui nourrira sa maîtrise des modes mélodiques.

La mosquée et la radio

En 1918, il est nommé récitant de la sourate du vendredi à la mosquée Mustafa Fadil Pacha, dans le quartier de Sayyida Zaynab, poste qu'il occupe jusqu'en 1943 ; les foules s'y pressent pour l'entendre. Le 31 mai 1934, il ouvre les programmes de la radio égyptienne naissante par les premiers versets de la sourate Al-Fath : « Nous t'avons accordé une victoire éclatante » (48:1). Ses récitations radiodiffusées le rendent célèbre dans tout le monde arabe. Sollicité par la section arabe de la BBC, il hésite, consulte le cheikh al-Maraghi, recteur d'Al-Azhar, puis enregistre pour elle la sourate Maryam.

Son style se distingue par l'accord entre la mélodie et le sens des versets, ce qui a fait de lui un modèle pour les générations de récitateurs qui l'ont suivi.

Maladie, décès et héritage

À partir de 1943, un hoquet persistant, puis une tumeur de la gorge, l'empêchent de réciter. Il refuse la collecte organisée pour financer ses soins, en déclarant que « le récitateur du Coran ne s'humilie pas ». Il meurt au Caire le 9 mai 1950 (22 rajab 1369 H) et repose près de la mosquée Sayyida Nafisa.

Une grande partie de ce qui reste de sa voix provient des enregistrements de ses émissions réalisés par un admirateur, Zakariya Mahran Pacha : une trentaine d'heures, confiées plus tard à la radio égyptienne, qui les diffuse encore.

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